Description
Extrait:
L’image de cette maxime est brutale, mais juste. Oui, car si nous persistons dans notre grandiose suicide écologique planétaire, en emportant avec nous une grande partie de la biodiversité, nous ne faisons qu’accélérer notre propre rendez‑vous avec le néant. Car, si chaque vie a la même valeur, de la fourmi au rhinocéros blanc du nord, dont il ne reste que 2 femelles, avec la disparition des abeilles, ce sera aussi les repas de nos petits‑enfants qui disparaîtront. L’ONU rappelle que 71 des 100 plantes nourricières de l’humanité dépendent des abeilles pollinisatrices. Voulons‑nous que nos descendants nous haïssent en croquant des pommes à base de pétrole, s’il en reste un peu ?
Nous sommes les passagers enthousiastes d’un train qui fonce vers la sixième extinction de masse. Les cinq précédentes furent l’œuvre de volcans déchaînés ou des météorites assassines. Cette fois‑ci, l’astéroïde a deux jambes, une carte bancaire et un smartphone greffé à la main. C’est moi, c’est toi, c’est nous, tous ceux des pays dits développés, qui ont le consumérisme comme religion intégriste, et le toujours plus en liturgie. Avec ce toujours plus, aussi déraisonnable qu’insensé, nous entraînons dans notre suicide la majorité des huit milliards de Terriens, dont 1,3 milliard survivent ou meurent avec moins d’un euro par jour. Pourtant, nous sommes tous conscients que notre mode de consommation va entraîner, à court et moyen terme, la mort d’un grand nombre de nos descendants et d’une grande part de la biodiversité.
Alors oui, parler d’une gifle à la nature paraît presque tendre. Car même si une gifle, c’est violent et inadmissible, on peut s’en remettre. Mais la violence à la nature n’est pas passagère, c’est une fracture héréditaire que nous infligeons à la Terre. Nous sommes tous coupables, plus ou moins en fonction de notre mode de vie. Nous orchestrons le génocide planétaire feutré, un carnage au ralenti, une apocalypse consciente. La sentence du jugement de notre culpabilité d’aujourd’hui par les agonisants de demain sera …

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