Description
Maxime: Nous sommes tous des cascadeurs de la vie, avec le risque de dévisser à chaque seconde.
Extrait:
On croit que la vie est solide, bétonnée, garantie, On fait des plans sur 5 ans, des prêts sur 25 ans, on cotise pour sa retraite à 64 ans ou plus, on se dit qu’on a le temps, comme si on était immortel, une roulade dans l’absurde.
Mais la vérité, c’est que l’on marche tous sur un fil, celui du hasard suspendu au-dessus du néant car la vie est une cascade d’équilibriste entre deux néants, celui d’avant et celui d’après, probablement les mêmes. Néanmoins, on danse sur le fil de la vie en espérant que le vent nous oublie.
C’est vrai, l’humanité est coriace, trois millions d’années qu’elle prend des claques sans tomber. Des pandémies comme la peste noire qui a emporté 200 millions de personnes (51% de la population mondiale en 1350), la variole, 56 millions (12%), la grippe espagnole, 45 millions (2,5%) jusqu’au ridicule petit covid insignifiant, 5,4 millions (0,07%), et qui pourtant nous a semblé être la fin de l’humanité. Le sida plus silencieux a déjà anéanti 30 millions de victimes, six fois plus que le covid, car il est cent fois plus tabou. Ajoutons les guerres mondiales politico-religieuses, les bombes nucléaires, et la sixième extinction en cours, l’écocide qui pourrait bien être l’éradication de l’espèce qui en est à l’origine : vous , moi et tous les autres, le tiers des 8,3 milliards d’hommes qui vivent comme des nazis écologiques envers les générations futures et envers la biodiversité aujourd’hui. Nous donnons la mort en connaissance, pas par omission, réfléchis ?
Mais, dans un déni total de l’évidence de la précarité de la vie, on fait des selfies au bord du gouffre, à Padirac ou ailleurs. Pourtant, nous ne sommes pas des statistiques, chacun est une exception temporaire, une flamme unique dans un brasier collectif. La vie est une loterie et la date de validité n’est pas écrite sur le billet.
Le fil de la vie, ce fil très fin, minuscule, fragile, capricieux, invisible, dont personne ne sait d’où il vient, ni qui le tient, ni surtout qui a les ciseaux. Peut-être quelqu’un de pas très gentil, peut-être un dieu injuste, peut-être personne que l’on nomme destin ou un mystère, qui s’en fout. Car, un jour, tout va bien, tu ris, tu chantes, tu ouvres tes mails, tu crois que le ciel est de ton côté, et crac, ton sol tremble. Une cellule a décidé de muter, un accident te coupe le souffle sur la route, au Bataclan etc, et là, tu réalises, que ce que tu croyais éternel s’est écroulé, si tu en a réchappé. Certains tombent avec panache, d’autres chutent lentement comme des feuilles mortes. On est tous en déséquilibre permanent. On marche sur une corde tendue entre le passé connu et l’avenir imprévisible, les yeux bandés par le doute, et les poches pleines d’espoirs incertains.
Et pourtant c’est ça le paradoxe, comment une chose aussi fragile que la vie peut‑elle durer aussi longtemps ? Comment une espèce si maladroite et stupide a-t-elle traversé des millénaires sans y laisser la peau ?
Prenons conscience, que chaque matin, on saute dans l’inconnu, comme un cascadeur sans casque, en espérant que la scène du jour sera bonne. Prenons l’exemple d’une nuit classique et torride à la fois, du Président Hollande : S’évader de la chambre de l’Élysée par la fenêtre tel un cascadeur professionnel, enfourcher son scoot, rouler à vive allure pour aller assouvir ses pulsions d’amour avec sa Juliette, de 6 ans la cadette de Valériette, montre combien la vie est généreuse malgré les risques pris. Comme lui, tu es peut-être un cascadeur de l’intime, un acrobate du sentiment. Tu tombes, tu pleures, tu saignes… et tu te relèves avec un sourire jaune et un pansement sur l’ego. Et, par manque d’intelligence ou de mémoire, tu recommences avec une autre cascadeuse.
Aussi, il ne s’agit pas d ‘avoir peur, il faut vivre pleinement, sans ajourner, sans tricher, sans remettre à demain. Il s’agit de danser même sur une corde raide, parce que la vie n’est pas un entraînement ou une répétition, c’est notre acte unique. La vie n’est pas un contrat, c’est un saut en chute libre, sans parachute, l’aplatissement est inévitable.
On croit qu’un cascadeur, c’est un gars qui saute d’un hélico en feu, mais non, en vérité c’est toi. La vie est un film d’auteur, sans doublure, sans …

Avis
Il n’y a pas encore d’avis.