Description
Maxime: L’écocide, le passage du Terrien au t’es rien.
Extrait:
Un pamphlet pour 8,3 milliards de consommateurs bien intentionnés
Est-ce que j’en ai besoin ? Vraiment besoin ? Vraiment besoin maintenant ?
Cette maxime pourrait faire sourire, si elle ne donnait pas envie d’en pleurer. Derrière le jeu de mots cinglant, mais pertinent, il y a une vérité brutale, une réalité inqualifiable, même avec les mots les plus ténébreux, et je vais m’en expliquer.
L’humanité, si fière d’avoir mis les pieds sur la lune, n’a toujours pas compris comment marcher correctement sur Terre. Nous vivons sur une petite boule miraculeuse, suspendue dans le vide, unique, généreuse, belle et habitée par une biodiversité éblouissante. Ce petit grain de Terre paradisiaque tourne à la vitesse de 1600 km/h sur lui‑même et fait un tour de soleil chaque année à la vitesse de 107 000 km/h. Et, plutôt que s’émerveiller devant ce si bel Univers mystérieux, on casse tout ce qui est à notre portée.
En 2025, le jour du dépassement, c’est à dire le jour où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles dont elle est capable de renouveler, est tombé le 25 juillet. En 2024, ce jour était le 1° août, Nous sommes de plus en plus rapides à vider le frigo planétaire et, à ce rythme, en 2050, on fêtera ce jour funeste pendant la galette des rois, si on trouve encore du blé.
Nous vivons à crédit en sacrifiant les générations futures. L’écocide est en marche, à la vitesse d’un sprint, et chacun y participe. Bienvenue dans l’anthropocène, cette glorieuse époque où l’on massacre le vivant pour se faire livrer une brosse à dents de Chine, en bambou, en 24 h. On gave nos enfants de gadgets, de dopamine numérique, conscients que leurs enfants respireront du dioxyde de carbone dans un monde sans arbres, sans abeilles, sans espoir. Mais bon, tant que nous pouvons aller chez McDo en SUV …Le problème, c’est que nous voulons sauver le monde sans rien changer à nos habitudes. On veut la planète moins sale, mais aussi les vacances à Dubaï, le climat serein et le SUV, une Terre bio et les soldes sur Amazon etc. La conséquence, c’est que la sixième extinction de masse ne fait pas de promo, elle. La planète, elle, s’en fout de ton budget, de ta retraite, de ton pouvoir d’achat ou du prix de l’essence. Elle étouffe, elle crève, et elle va se débarrasser de toi, comme un virus malsain, pire que celui du covid, pour l’homme.
Ce n’est plus de l’ignorance. Il y a cinquante ans, peu savaient, mais aujourd’hui, le monde sait, et presque tout le monde s’en fout. Il faut assumer notre lâcheté, notre cynisme, ou notre connerie, peut-être les trois. On est passé du climato-scepticisme au climato‑je‑m’en‑foutisme. L’ère industrielle sera un jour jugée comme un crime contre l’humanité et contre toutes les autres formes de vie. Oui, nous entraînons avec nous toutes les autres espèces dans notre suicide collectif sectaire. Oui, sectaire, car nous ne sommes qu’une espèce, récemment apparue dans l’histoire de l’évolution, parmi au moins deux millions d’autres, qui elles, vivent naturellement en respectant la Terre. Le spectacle est affligeant et pathétique, les insectes crèvent en silence, les océans vomissent du plastique, et la biodiversité se fait éliminer comme une télé‑réalité de l’extinction. Même le Covid, petit rappel viral de notre fragilité, n’a ni inversé le sens ni freiné la machine infernale et machiavélique. A peine déconfinés, toujours pressés et motivés à courir droit dans le mur, on s’empresse de se faire livrer l’indispensable inutile, venu de Chine avec plus de carbone que de contenu. Les dieux sont maintenant : Shein, Temu etc., les dieux, oui ! Mais de l’enfer.
Non seulement nous massacrons l’avenir de la vie, mais cela ne nous suffit pas. Comme si on n’arrivait pas à tuer le vivant assez vite, on s’entretue dans des guerres absurdes, mais bien plus rentables pour quelques-uns que la paix.
Et pendant qu’une élite parano, dopée au dollar et aux délires, rêvent d’une planète B, la planète A devient invivable pour tous les autres. L’humanité se pense éternelle, mais elle n’est qu’une parenthèse bruyante entre deux respirations géologiques.
Le plus pathétique, c’est que chacun a le pouvoir de ralentir le désastre. Pas en plantant un arbre après chaque vol, pas en écrivant comme je le fais pour t’informer plus que pour te convaincre, non, en t’abstenant, en renonçant, en devenant un humain responsable, un citoyen de la Terre adulte et mature. Alors, la prochaine fois que tu t’apprêtes à céder à une pulsion consumériste, un désir, une envie pressante plus qu’un besoin, regarde-toi bien dans le miroir de tes enfants et pose-toi, les yeux dans les yeux, cette question …

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