Un avocat? Un mélange d’éloquence et de séduction …

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Description

Maxime: Un avocat ? Un mélange de rhétorique, d’éloquence et de séduction, grossièrement théâtralisées, pour noyer la vérité.

Extrait:

Cette maxime, aussi cinglante qu’élégante, résume avec une ironie mordante le paradoxe fondamental de la profession d’avocat. Elle ne cherche pas à dénigrer, mais à révéler que l’avocat, au-delà d’être un technicien du droit est aussi un acteur, un magicien des mots, dont l’art consiste à démontrer une réalité, selon les besoins de la cause de son client.

Le tribunal, dit-on, est un lieu où l’on rend la justice. Mais en vérité, il ressemble trop souvent à un sanctuaire parodique, une cathédrale théâtralisée, où l’on ne célèbre pas le culte du vrai, mais la liturgie de l’apparence. Un vagabondage entre une tragédie grecque et un vaudeville de boulevard.
Chaque acteur, masqué, dissimulé sous sa robe, entre en procession. Le juge, figure hiératique, robe de pénitence et marteau de prophète est le metteur en scène impartial, qui laisse parfois deviner ses préférences. Le justiciable, figurant ou héros tragique, seul amateur de la bande, jeté dans le théâtre, joue son rôle de pauvre pèlerin chargé de ses fautes et de son illusoire vérité.

Et l’avocat, ah l’avocat, le prêtre du mensonge sacralisé, qui officie avec l’encens de ses mots et la ferveur d’un bateleur. Il s’attribue souvent le premier rôle, et s’impose en comédien principal dont la voix couvre tout, même le silence de la vérité. C’est un illusionniste de haute voltige et un séducteur de charme, qui vendrait un frigo à un pingouin. Il sait donner au doute l’allure d’une évidence, et à l’évidence celle d’un doute. Le mensonge de l’avocat n’est pas un vice, c’est son outil de travail. L’éloquence est une danse, et l’avocat en est le chorégraphe. La rhétorique n’est pas un outil au service de la vérité, mais une arme de persuasion.
L’avocat est l’acteur d’un rite étrange, il ne ment pas, il enjolive la réalité, il la recompose, la déforme, l’embellit ou l’assombrit. Il ne cherche pas la lumière, il sculpte des hypothétiques ombres avec des projecteurs bien orientés. Il assassine le vraisemblable et rend sympathique ce qui ne l’est pas. Il humanise l’abstrait, il dramatise le banal, il étouffe les faits avec des oreillers de velours oxymoriques comme « innocence coupable », il pousse la logique au suicide.
Son art est de transformer l’évidence en doute raisonnable, voire en mystère inexplicable, de déguiser la mauvaise foi en élégance verbale et de maquiller une contradiction en logique d’apparence implacable. C’est un stratège de la conviction, un prestidigitateur, qui fait passer l’obscurité pour une illumination.
C’est le mage noir de la parole, qui convoque l’éloquence comme d’autres invoquent les esprits. Il semble omniscient, car il peut comme Fabrice Luchini, mais sans son talent unique, s’épandre dans des envolées lyriques sur tous les sujets. Comme les bonimenteurs de foire, il déclame son interprétation de la vérité avec la clarté obscure et la verve d’un magicien ultracrépidarien.
S’il n’a pas de morale, il a des honoraires, et nul besoin pour lui d’avoir des convictions pour rédiger des conclusions. Il n’a pas de vérité, il a un client ; aussi il ne cherche pas la lumière, mais la victoire, soit-elle au sacrifice de la vérité sur l’autel des honoraires. La vérité n’a pas de prix, économisons là !
Les procès politiques, pièces qui se jouent en 10 ou 20 ans sont souvent la caricature du grotesque de la justice. La robe d’avocat, cet uniforme sacré devient une cape de corbeau, sinistre rapace tournoyant au dessus de la carcasse de l’adversaire, prêt à lui arracher les derniers lambeaux de crédibilité. L’avocat défend souvent l’indéfendable, non pas par grandeur d’âme, mais simplement parce que le crime paye mieux que l’innocence, pour les grands voyous de ce monde. Chez ces gens là, c’est la loi du silence, et la loi du sang quand on trahit le silence.
Bref, l’avocat est le comédien d’une pièce où l’on applaudit les plus belles grimaces, et où le spectateur naïf confond talent d’acteur avec sincérité. Ce qui sort du rituel n’est pas toujours la vérité, mais une sentence, fruit du jeu du bal masqué. Car trop souvent, chacun joue son rôle avec une gravité qui frise le ridicule dans cette comédie judiciaire, et c’est ce sérieux apparent qui la rend pathétique. Le juge croit incarner l’équité, l’avocat croit incarner la défense de sa vérité, et le justiciable croit incarner sa propre histoire. Chacun s’agrippe à son rôle comme à une bouée dans un naufrage commun.
Mais tous, en réalité, sont prisonniers de la même farce, où la vérité est priée de ne pas la ramener. Car la vérité, elle n’a pas de rôle, elle est souvent trop encombrante, trop rugueuse pour atteindre les oreilles du juge ou de l’avocat adverse. On la relègue en coulisses, on lui coupe …

Informations complémentaires

Format

30×40, 40×60, 50×75

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