L’humanité n’est pas morte, mais elle agonise.

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Description

Extrait:

En 1945, après Hiroshima, on nous avait promis : plus jamais ça. En 1994, après le Rwanda, un million d’êtres humains massacrés en cent jour sous les yeux du monde, on nous avait juré: plus jamais ça. En 2022, après Boutcha, on a répété mécaniquement : plus jamais ça. Et malgré tous ces « plus jamais ça », les drones sifflent, les chars roulent, et les vieux monstres froids, assis dans leurs palais dorés, tracent des lignes sur des cartes avec des stylos en or, tandis que des gamins de vingt ans meurent dans la boue, le ventre ouvert, en toute innocence sans même savoir où ils sont, et pourquoi ils tuent et meurent. Le mot « GUERRE », est trop petit pour contenir l’infini de l’horreur qu’il désigne, six lettres, comme un cercueil trop étroit pour tous les morts qu’il renferme. C’est un mot, presque propre, que l’on prononce tous les jours à la télévision, dans les salons, mais qui cache les cris, les regards vides d’enfants , la chair brûlée des civils, le silence des mères.
La guerre n’est pas un échec de la paix, c’est un succès de la bêtise humaine.
Ce matin là, le ciel était bleu, d’un bleu méditerranéen, limpide, presque insultant. A 6h30, des milliers de roquettes ont déchiré ce ciel d’azur, s’abattant comme une pluie de métal sur le sud d’Israël. Puis sont arrivés des centaines d’hommes armés, le visage couvert, les yeux injectés de haine, franchissant la barrière de Gaza à moto, en pick‑up, ou à pied. Ils étaient venus pour égorger, violer, brûler vif, démembrer. A Kfar Aza, à Be’eri, à Nahal Oz, dans les kibboutzim où les familles dormaient encore, ils ont enfoncé les portes, le début de l’horreur innommable : des bébés égorgés dans leur lit, le doudou entre les mains serré sur le cœur, des femmes violées avant d’être exécutées d’une balle dans la tête, des vieillards achevés à la kalachnikov, des corps calcinés, empilés, certains encore vivants, quand on les a jetés dans des fosses. Des familles entières exterminées, des enfants, des femmes, des hommes enlevés, traînés, attachés à des motos ou à des voitures comme du bétail, vers Gaza. Des visages défigurés à coups de couteau, des mains coupées, des ventres ouverts, c’est tout cela la haine. Le bilan : 1200 morts dont 36 enfants, 20 femmes enceintes ; 5400 blessés avec des mutilations atroces, des brûlures etc. ; 240 otages enlevés dont des nourrissons, des personnes âgées, des femmes violées en captivité.
Ce 7 octobre 2023, fête de la barbarie, l’humanité a vomi son âme, une fois de plus, une fois de trop. Depuis ce 7 octobre funèbre, la réponse israélienne, plus de 40 000 morts palestiniens dont 16 000 enfants, 10 000 femmes, selon les sources de Gaza et plus de 90 000 blessés, et Gaza réduit en cendres. Hôpitaux bombardés, écoles rasées, familles entières ensevelies sous les décombres.
On nous parle de conflits complexes, de guerres nécessaires, de frappes préventives ou proportionnées, de défense des valeurs. Des mots, mais quelles valeurs ? Celle qui consiste à envoyer un jeune soldat russe ou ukrainien se faire éclater par un obus, pour que Poutine et Trump, assistés de Zelensky puissent un jour se serrer la main en costume‑cravate devant les caméras du monde, ou celle qui justifie qu’un enfant palestinien naisse sous les bombes israéliennes, pendant qu’un enfant israélien grandit dans la peur du Hamas ?
La guerre n’a jamais rien résolu, elle ne fait que reproduire et décupler la haine dans une spirale infernale. Chaque bombardement sur Gaza fabrique dix nouveaux terroristes kamikazes. Chaque exaction en Ukraine, chaque massacre au Darfour, chaque viol au Congo, chaque village brûlé en Birmanie est une graine empoisonnée. La première guerre mondiale, malgré ses 9 millions de morts et 21 millions de blessés, dans un monde quatre fois moins peuplé qu ‘aujourd’hui, a enfanté le nazisme, le colonialisme a engendré le terrorisme, la guerre en Irak a créé Daech. La violence est un boomerang, elle revient toujours, plus lourde, plus sanglante, plus abominable.
Les coupables ont des noms, des visages : Poutine, Netanyahou, les généraux birmans, les seigneurs de guerre africains, les ayatollahs, les présidents dictateurs à vie. Ils ne mourront pas au combat, mais dans leur lit, entourés des meilleurs médecins, de gardes du corps payés avec des comptes en Suisse. Ce sont toujours les mêmes qui envoient les autres à la boucherie humaine indigne.
Les jeunes soldats, eux, obéissent, comme des robots, pendant que les vrais ennemis humains, la famine, la pollution, les pandémies progressent en silence. La guerre est le crime des puissants commis par des innocents.
Et nous, les civils, les spectateurs, nous regardons les images en mangeant à notre faim, bien au chaud. Notre indignation est aussi éphémère qu’un …

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