La vie, sursis définitif et éternité provisoire?

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Description

Maxime: La vie est une condamnation à mort avec sursis indéterminé.

Extrait:

C’est élégant, non ? On naît condamné, mais on nous laisse errer vivant un moment indéterminé, histoire de faire durer diaboliquement le suspense invivable ! La sentence est irrévocable, mais l’exécution ? Surprise. Elle peut tomber demain, dans cinquante ans, après avoir payé ses impôts ou gagné au loto. Combien de temps vous reste-t-il ? Toute votre vie. Ne me remerciez pas pour la précision !

Naître c’est comme recevoir une lettre anonyme : « Félicitations, vous êtes vivant ! Mais pas pour toujours, profitez-en tant que ça dure » signé: Le Destin.

La tragédie, c’est qu’on va tous y passer, la comédie, c’est qu’on ne sait pas quand, et c’est dans cet entre-deux absurde que se glisse l’art de vivre, où l’on passe son temps à perdre son temps. Égoïstement, on fait des enfants qui, eux-mêmes, sont condamnés, on achète des assurances vie pour quand on sera mort, un grand n’importe quoi. On se persuade que la routine, le yoga et les compléments alimentaires nous protègent, mais personne n’en sort jamais vivant.

Ce sursis est un art de se distraire en attendant le verdict. Certains s’occupent avec des passions nobles : peinture, musique, fornication, méditation ; d’autres préfèrent des options plus extrêmes : alcool, drogues, paris stupides, abstinence sexuelle. Mais au fond, c’est le même jeu, tuer le temps avant qu’il ne nous tue.

Le comble de l’humour noir, c’est que certains perdent la moitié de leur vie à chercher comment la rallonger. On mange bio, on prend des cachets pour tout, on ne fume pas, on ne boit pas d’alcool, on ne regarde pas les débats politiques à la télé, on met un préservatif pour regarder un film érotique ou sulfureux comme « Basic Instinct » ou « Love ».

Autant l’assumer franchement, vivre c’est mourir un petit peu chaque jour, un compte-goutte du temps du sablier de la vie.

 

Oui, la vie est une absurdité merveilleuse, une peine capitale avec permission de minuit, de 20 heures ou n’importe quelle heure. Aussi, chaque minute est précieuse, chaque seconde magique. Le jour venu, la peur de ne pas avoir vécu son sursis est pire que la peur de mourir.

Savourer les miettes qui restent avec le sourire, les thanatopracteurs adorent ça, les gens qui arrivent déjà en riant, c’est moins de boulot au pied du sapin.

Dans son jeu machiavélique et absurde, le grand horloger mystérieux aurait pu créer d »autres scénarios : naître vieux pour mourir jeune ou l’immortalité.

Pour le premier, imaginez la scène : on sort du ventre, tout ridé, chauve et courbé, avec des bobos partout, en se plaignant auprès de ses parents, beaucoup plus jeunes, les pauvres car plus près de la fin du voyage. Les bébés seraient des petits vieux, grognons, grincheux, fatigués avec des lunettes, des appareils auditifs et un déambulateur miniature. Puis, à mesure que les années passent, on rajeunirait. A 40 ans, on serait en pleine forme, enfin souple et plein d’énergie avec la peau qui se retend au lieu de s ‘affaisser, et les rides qui disparaissent. Ce serait l’âge où les crèches remplaceraient les maisons de retraite actuelles pour nos parents, qui perdraient les dents et la parole ; ils gazouilleraient, baveraient et feraient leur rot avec sophie la girafe dans une main, et le biberon dans l’autre. A 20 ans, ce serait l’apogée avec l’insouciance, la chevelure conquérante, le cœur léger. Les médecins vous diraient, votre arthrose a complètement disparu, mais attention, vous entrez en jeunesse terminale. Doucement, on finirait bébé, puis enfin, on disparaîtrait dans un dernier souffle, léger et paisible, comme pour s’excuser d’avoir vécu, une sortie poétique.

Cela aurait du sens, commencer par la lassitude et finir en légèreté. Au lieu d’avoir peur de se dégrader, on passerait sa vie à s’alléger, à devenir plus souple, plus vif, plus léger jusqu’à s’évaporer.

Et si nous étions immortels, le goût du temps serait insipide : manger, dormir, aller bosser. On remettrait tout au siècle ou au millénaire prochain en se disant que l’on a tout son temps. Au bout de 10 000 ans, le chocolat finirait par nous écœurer. Et après 600 divorces et pensions alimentaires associées jusqu’au 1 000ème anniversaire des enfants immortels, on serait ruiné, sans pouvoir se suicider ni tuer le temps, car tous deux immortels…

Informations complémentaires

Format

30×40, 40×60, 50×75

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