L’interne, un Sisyphe en blouse blanche …

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Description

Maxime: Dissection d’un interne hospitalier: Le don de soi indissociable du renoncement de soi, un mélange implosif entre déprime et burn-out, un équilibre fragile entre survivre ou exister sans même une reconnaissance de l’État négrier.

Extrait:

Il faudrait commencer par une minute de silence, pas pour les morts, non, pour les vivants qui s’éteignent à petit feu dans les hôpitaux.
Ils entrent en médecine comme on entre en religion, un serment dans le cœur, une flamme dans les yeux. Ils arrivent plein de rêves, plein d’envies de soigner, d’apprendre, de comprendre, d’agir, d’aider. Quand ils tiennent le coup, ils repartent le regard vide, le dos voûté, et l’âme cabossée. On les appelle « internes », ce mot administratif qui enferme leur sacrifice. Mais derrière ce titre se cache une ascèse moderne, un purgatoire sans fin où la lumière des néons remplacent celle de la foi.
Ils apprennent à soigner comme on apprend à se taire. Ils travaillent dans un paradoxe permanent : humaniser le soin dans un univers déshumanisé. Ils sont des héros silencieux d’une présence invisible de la majorité du monde. Entre les urgences vitales et les urgences budgétaires, ils tiennent vivants, à moitié morts, debout, mais à bout de souffle. Ils donnent tout et ce tout est toujours trop peu pour ceux qui les gouvernent. La négligence des politiques a des allures de choix stratégique. Le mot « reconnaissance » est un mot inconnu des ministres de la santé, qui changent tous les deux ans. Seule leur incurie reste stable. Les calculs comptables des ARS ont la même logique mercantile et machiavélique que celles des multinationales les plus cupides : rationaliser la santé, donc la vie, organiser la déliquescence du système et maquiller l’abandon. Même logiciel, même virus. Aussi, sauver des vies sans être protégé soi-même, c’est un sacré sacerdoce. Le mot préféré des politiques pour expliquer l’exploitation : la vocation. Une belle formule pour exiger l’impossible, sans jamais rien offrir en retour. Comme si aimer son métier devait rendre légitime la souffrance. Tout le monde sait et c’est cela le plus insupportable. C’est la politique du mépris par omission, cette forme supérieure d’indifférence hypocrite. Cicéron disait que le mépris naît du silence. Ici, le silence est criant et même agonisant. Dans ce théâtre tragique, il n’y a pas de place à la catharsis, l’épuisement ne laisse plus passer un rayon d’énergie pour cela.
Ce ne sont plus des étudiants, pas encore des médecins, mais déjà des fantômes de la République sanitaire. Ils enchaînent les gardes comme les galériens modernes, nourris à l’idéalisme et au café froid. Ils vivent l’intensité du soin dans la froideur bureaucratique. Les chiffres les remplacent, les protocoles les effacent, et les chefs les pressent avec la bienveillance d’un maître d’atelier du XIVe siècle…

Informations complémentaires

Format

30×40, 40×60, 50×75

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